Deleuze et la bêtise : le désir et l’humilité
«? ? ?» : se poser des questions ! Soit. Mais que signifie vraiment l’art du point d’interrogation : le prononçons-nous pour réclamer la solution au plus vite, ou bien sommes-nous prêts à l’aventure d’idées que suppose une véritable filature du problème ? C’est que la philosophie est un genre policier, pensait Deleuze...
Dès lors, il ne faut pas avoir peur de questionner : oser s’aventurer dans les méandres du «j’en sais rien» pour se déprendre véritablement de toutes les certitudes qui nous emprisonnent mentalement.
Ce cheminement est fait de désir, véritable carburant de la pensée (car il faut bien avancer) et d’humilité, car en regardant en arrière, on se rend compte qu’on a été bien bête de penser ça. Mais loin d’être l’occasion de moqueries infantiles, la bêtise devient alors le signe qu’on est en train de penser, d’essayer. Contre la sottise qui ricane des erreurs de l’autre, Deleuze fait l’éloge de la bêtise comme courage de penser vraiment, modestement, depuis le nécessaire point de départ relatif aux trajectoires qui nous font à tel moment donné.
Le chapitre 5 de mon livre sur Deleuze porte précisément sur ce point. J’espère que cela vous donnera envie de découvrir Deleuze ou de le relire !