Portrait de soi en errant...

 
 

mon secret pour devenir intelligent : m’instruire à chaque instant

Sébastien Charbonnier, 27 ans


Étudiant en philosophie, en lettres, en sciences de l’éducation (voilà déjà bien des errances), je fais actuellement une thèse de philosophie de l’éducation sur une question qui me taquine :

‘‘comment en vient-on à désirer philosopher ?’’


Quelques indices sur moi :

  - Je suis né Français (c’est un luxe dans ce monde si peu égalitaire d’un point de vue diplomatique ; mais un handicap pour la rencontre des gens dans certains pays : on porte malgré soi l’histoire d’une nation colonisatrice et violente)

  - J’aime apprendre et faire partager (d’où la question de ma recherche...)

  - J’aime marcher, nager, pagayer, rouler, discuter, dormir, lire, écrire, photographier (incapable de dessiner... malheureusement)

  - J’aime manger un peu de tout (adaptabilité optimale pour l’ingestion de ce qui se présente en voyage)

  - Je suis en exil d’écriture dans les Antilles (expérience enrichissante s’il en est), et serai retour en métropole pour l’automne 2010.



J’essaie d’augmenter mon seuil de variabilité, comme dirait Spinoza : cela signifie être capable de faire de chaque rencontre une bonne rencontre. C’est une belle définition de la liberté : ni libre choix de faire ce qu’on veut (c’est oublier qu’il y a souvent des causes à nos désirs, que nous ignorons), ni autonomie (se donner sa propre loi), mais atteindre la puissance de la casuistique. Ce mot compliqué signifie simplement être capable de comprendre la singularité de l’événement qui advient : ne pas plaquer des filtres à notre perception, des schémas tout faits à nos idées, mais se laisser faire, moudre, sculpter par la rencontre présente.


Cela conduit à un éloge de l’essai (de soi) : ce qui compte, ce n’est pas de bien faire, de réussir sa vie ou son voyage, mais d’y être allé. S’essayer afin de comprendre ce qui est bon pour soi.


Marguerite Duras exprime magnifiquement cette idée au début d’Un Barrage contre le Pacifique :

‘‘Comme quoi une idée est toujours une bonne idée, du moment qu’elle fait faire quelque chose, même si tout est entrepris de travers… Comme quoi une idée de ce genre est toujours une bonne idée, même si tout échoue lamentablement, parce qu’alors il arrive au moins qu’on finisse par devenir impatient, comme on ne le serait jamais devenu si on avait commencé par penser que les idées qu’on avait étaient de mauvaises idées.’’


Voilà une excellente devise du voyageur !

quelques photos d’errances antérieures