Projet  4 x 4

 
 
 

Pourquoi : quelles sont les raisons et les questions qui motivent cette aventure ?


    La notion de mondialisation est complètement galvaudée, confuse et suscite des débats aussi tranchés que stériles : les ‘‘pro’’ affirment qu’elle est inéluctable et bénéfique pour tous, les ‘‘contre’’ multiplient les exemples de ses effets néfastes. Dans tous les cas, on oublie l’étymologie du mot : il est censé désigner un ‘‘devenir-monde’’ des activités humaines. Mais dans quelle mesure sommes-nous plus proches d’un habitant d’Afrique sub-saharienne, connaissons-nous mieux un péruvien aujourd’hui qu’il y a vingt ans, nous intéressons-nous plus volontiers aux soubresauts du Sri Lanka maintenant ?


   La mondialisation est un mot abstrait qui masque mal notre indifférence aux autres : l’occident n’a jamais été plus dupe de lui-même. Parce qu’il peut aller en quelques heures à l’autre bout du monde, un citoyen des pays riches croit qu’il peut parcourir le monde comme il veut… Non : réussir une rencontre véritable avec l’autre suppose des choix singuliers, du temps et une curiosité véritable de la différence. Ce projet de parcours de mondes espère mettre en place les conditions de ces rencontres pour pouvoir offrir ensuite, en partage, des portraits documentés et vécus des pays arpentés, traversés, parcourus.


    ‘‘Parcours de mondes’’ et non pas ‘‘tour du monde’’. Ce dernier est une abstraction géométrique qui signale souvent un défi personnel – pour ne pas dire égoïste – oublieux des réalités qu’il traverse. Le ‘‘tour du monde’’ relève du tourisme, dans tout ce qu’il a de destructeur pour la planète et de destructurant pour les pays touristiques. Combien de tour-du-mondistes traversent des régions pour le simple spectacle des yeux, sans faire la démarche de connaître le pays, son histoire politique, sa réalité socio-économique… D’où la réflexion importante sur le PARCOURS.


    Ce projet est donc un défi d’aventure avant d’être un défi sportif. Aventure au sens traditionnel, mais aussi aventure d’idées – au contact des individus croisés. C’est un défi en plusieurs sens :

-Endurance : il ne s’agit pas d’avaler les kilomètres mais de tenir sur la durée.

-Résistance : les parcours offriront une très forte plage d’amplitude thermique (>40°C) et d’altitude (>5000m)

-Autonomie : elle doit être véritable (cela signifie le refus de toute la quincaillerie électronique habituelle de nos sociétés pré-réglées ; donc pas de GPS, pas de téléphone portable ou satellitaire)

-Non-assistance (hors de question de briser la logique de l’errance avec une logistique annexe)






































« 1718 English silk quilt » – considéré comme un des plus anciens quilts britanniques. La tradition artistique du quilt deviendra essentiellement américaine à partir du XIXe siècle.

 

La notion de « mondialisation » à l’épreuve du concret :

aller à la rencontre de peuples en 4 x 4

      (4 pays x 4 continents)

“Nous ne recevons physiquement, intellectuellement ou

     moralement, que ce que nous sommes préparés à

      recevoir. Nous n’entendons et ne percevons que ce

         que nous connaissons déjà à demi. Une chose peut

             être nouvelle et remarquable mais, si elle ne me

               touche pas, si elle n’est pas de mon ressort, si,

                 inconnue à mon expérience et étrangère à ma

                    nature, elle n’attire pas mon attention, je ne

                             l’entendrai pas quand on l’exprimera ;

                              si je la lisais, elle ne m’arrêterait pas.

                                 Tout homme suit ainsi sa propre

                                  piste dans la vie, à travers ce qu’il

                                  entend, ce qu’il lit, et observe

                                     dans ses voyages.”


                                    Henry David Thoreau, Journal

Jeu de mots !

‘‘Il peut se développer un goût technique, comparable au goût esthétique et à la délicatesse morale.

Bien des hommes se conduisent de manière primitive et grossière dans leur relation aux machines, par manque de culture…

La frénésie de possession et la démesure d’utilisation des machines est comparable à un véritable dérèglement des mœurs.’’

Gilbert Simondon

Je trouve ce propos d’une grande sagesse, et je voudrais continuer de lire ce philosophe autrement plus pertinent qu’Heidegger : hop !